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5 start-up à connaitre dans l’agriculture qui transforment le secteur grâce au numérique et à la robotique

5 start-up à connaitre dans l'agriculture qui transforment le secteur grâce au numérique et à la robotique

5 start-up à connaitre dans l'agriculture qui transforment le secteur grâce au numérique et à la robotique

Le secteur agricole est en train de vivre le même type de rupture que l’industrie a connu avec l’automatisation et l’IoT. Capteurs, robots, IA, plateformes de données : en quelques années, des start-up très ciblées ont fait passer certaines exploitations d’une logique “réactive” à une gestion pilotée par la donnée et les algorithmes.

Pour un dirigeant d’exploitation, un industriel de l’agro, un investisseur ou un fournisseur de services B2B, ces innovations ne sont pas qu’un sujet de curiosité technologique. Elles redessinent la chaîne de valeur : qui détient la donnée, qui maîtrise la relation avec l’agriculteur, qui capte la marge.

Dans cet article, je vous propose de passer en revue cinq start-up qui transforment déjà l’agriculture grâce au numérique et à la robotique, avec à chaque fois : le modèle, des chiffres, et des leviers concrets à en tirer pour votre propre activité.

Naïo Technologies : les robots de désherbage qui reconfigurent le travail du sol

Basée près de Toulouse, Naïo Technologies est l’une des références mondiales de la robotique agricole. Fondée en 2011, la société conçoit des robots autonomes pour le désherbage mécanique et le binage, principalement pour le maraîchage, la viticulture et certaines grandes cultures.

Quelques repères :

Le cœur de la proposition de valeur de Naïo est triple :

Pour un chef d’exploitation, l’équation économique est assez simple : là où un désherbage manuel peut nécessiter 100 à 300 heures de travail par hectare et par an, un robot autonome réduit le besoin de main-d’œuvre de plusieurs dizaines de pourcents, avec une meilleure régularité d’exécution. Sur des cultures à forte valeur (légumes frais, viticulture), le retour sur investissement se calcule en quelques campagnes.

À retenir : Naïo illustre comment un robot bien positionné sur un “pain point” précis (désherbage) peut imposer un standard technique et créer un quasi-monopole de fait sur certains segments de culture.

Leviers pour votre business :

Sencrop : capteurs météo connectés et pilotage fin des intrants

Sencrop, start-up lilloise fondée en 2016, s’est imposée comme un acteur central de la météo de précision pour l’agriculture. Son modèle : un réseau de stations météo connectées, accessibles par abonnement, qui permettent aux agriculteurs de piloter leurs interventions (semis, traitements, irrigation) au plus près des conditions réelles des parcelles.

Quelques chiffres récents :

Le pari de Sencrop est simple : la donnée météo générique (Météo France, services publics) est trop grossière à l’échelle d’une parcelle. Or, un décalage de quelques heures dans un traitement fongicide ou un semis peut coûter très cher en rendement ou en volume de produits phytosanitaires gaspillés.

En combinant :

Sencrop transforme la météo en outil de pilotage opérationnel pour l’exploitant et ses partenaires (coopératives, négociants, chambres d’agriculture).

Pourquoi c’est structurant pour la filière : la météo ultra-locale devient un socle pour d’autres services : assurance paramétrique, conseil agronomique à distance, optimisation des itinéraires techniques. Celui qui contrôle ce flux de données est bien placé pour agréger une offre plus large.

À retenir : à travers un objet apparemment simple (une station météo), Sencrop bâtit une plateforme de données qui peut se monétiser en B2C (abonnement agriculteurs) et en B2B (accords avec coopératives, assureurs, agro-industriels).

Questions à vous poser :

Ÿnsect : robotiser l’élevage d’insectes pour produire protéines et engrais

Ÿnsect est souvent citée pour sa dimension “foodtech” et sa promesse de protéines alternatives. Mais du point de vue business et industriel, c’est surtout un cas d’école de robotisation extrême et de pilotage numérique d’un process biologique.

Basée en France, la société :

Le modèle industriel de Ÿnsect repose sur :

Pour l’agriculture “classique”, l’intérêt est double :

À retenir : la robotisation ne concerne pas seulement la parcelle. Elle s’étend à l’amont et à l’aval de la filière, et permet de faire émerger de nouveaux “maillons” (ici, l’élevage d’insectes) qui redéfinissent les flux de matières et de valeur.

Idées à transposer :

Ecorobotix : pulvérisation ultra-précise et réduction massive des phytos

Ecorobotix, start-up suisse active aussi en France, cible un autre levier majeur : la réduction des produits phytosanitaires. L’entreprise développe des équipements de pulvérisation intelligente capables de traiter uniquement les mauvaises herbes ou les zones ciblées, grâce à la vision par ordinateur et à l’IA.

Leur solution phare, montée sur des pulvérisateurs de grandes cultures, promet :

Le principe : des caméras embarquées détectent en temps réel les mauvaises herbes ou les zones à traiter, et des buses pilotées indépendamment pulvérisent uniquement là où c’est nécessaire. Le tout est couplé à un GPS de précision et à des algorithmes de reconnaissance végétale.

Sur le plan business, le discours est très clair pour l’exploitant :

Pour les industriels de l’agroéquipement, Ecorobotix illustre un pivot stratégique : la valeur se déplace progressivement de la “ferraille” (la machine) vers le logiciel (IA de reconnaissance, algorithmes de dosage, données collectées). Le modèle économique peut donc évoluer vers :

À retenir : Ecorobotix montre comment une brique de vision par ordinateur peut revaloriser un équipement existant et créer de la récurrence de revenus via le logiciel.

Points d’attention pour les dirigeants :

xFarm Technologies : transformer l’exploitation en entreprise pilotée par la donnée

xFarm Technologies, née en Italie et désormais présente dans toute l’Europe, se positionne comme une plateforme de gestion intégrée pour les exploitations agricoles. Son objectif : centraliser les données de la ferme (parcellaire, météo, machines, capteurs, intrants, comptabilité) pour en faire un véritable “ERP agricole”.

Quelques ordres de grandeur :

Dans la pratique, xFarm permet à un exploitant de :

Pour la filière, la plateforme devient un outil de coordination :

À retenir : xFarm illustre la montée en puissance des plateformes logicielles qui aspirent à devenir l’interface principale entre l’agriculteur et l’écosystème (fournisseurs, banques, assureurs, industriels).

Enjeux stratégiques pour les acteurs du secteur :

Ce que ces 5 start-up disent de l’avenir de l’agriculture… et de votre stratégie

Au-delà des spécificités techniques, ces cinq start-up ont plusieurs points communs qui doivent retenir l’attention de tout dirigeant, qu’il soit agriculteur, industriel, investisseur ou prestataire de services.

1. La donnée devient l’actif central

Que ce soit la météo ultra-locale (Sencrop), les images de cultures (Ecorobotix, Naïo), les paramètres d’élevage (Ÿnsect) ou les données de gestion (xFarm), la valeur se déplace vers ceux qui :

Action concrète : cartographiez les flux de données dans votre activité (production, logistique, vente, SAV) et identifiez :

2. Le modèle économique bascule vers l’abonnement et le service

Robots, capteurs, plateformes logicielles : tous tendent vers des modèles de revenus récurrents (abonnements, licences, mises à jour, maintenance). C’est essentiel pour :

Action concrète : si vous vendez aujourd’hui un produit “one shot” (machine, service ponctuel, conseil), identifiez au moins une composante pouvant devenir récurrente :

3. La robotique répond à un problème très simple : main-d’œuvre et contraintes réglementaires

Naïo, Ecorobotix et Ÿnsect ont un point commun : ils répondent à deux forces de fond :

Leur adoption ne repose pas sur l’envie d’“avoir un robot” mais sur un calcul économique et réglementaire très concret.

Action concrète : formalisez, pour votre exploitation ou votre entreprise :

C’est souvent là que les robots et solutions numériques auront l’impact le plus fort.

4. Les plateformes s’imposent comme intermédiaires structurants

Sencrop et xFarm, en particulier, se positionnent comme des “couches intermédiaires” entre l’agriculteur et les autres acteurs. Ils deviennent :

Action concrète : décidez si votre stratégie est de :

5. L’avantage compétitif sera dans la capacité d’intégration

Aucune de ces start-up ne couvre tout le spectre : robotique, météo, gestion, engrais, pulvérisation… L’agriculteur se retrouve rapidement avec plusieurs briques technologiques. Ceux qui tireront le mieux leur épingle du jeu seront :

Dernier filtre à appliquer à vos propres projets : chaque fois que vous envisagez une innovation numérique ou robotique, posez-vous trois questions simples :

Les cinq start-up présentées ici montrent qu’il est possible d’apporter des réponses très différentes à ces questions… mais qu’une constante demeure : dans l’agriculture comme ailleurs, ceux qui gagnent ne sont pas ceux qui ont la technologie la plus spectaculaire, mais ceux qui résolvent un problème métier, avec un modèle économique robuste et une exécution opérationnelle irréprochable.

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